TDAH, TSA, HP · 5 min de lecture

Moins de consignes, plus de silence : un quotidien plus apaisé

par Nicolas Delarose, fondateur de l'approche ViAtypikd'après ses livres : « Prendre l'enfant comme guide », « Dans la peau d'un enfant atypique »

en cours de relecture par Laura et Nicolas

Dans les groupes d'enfants que j'encadre, quand un enfant tombe, la première chose qu'il fait, c'est me regarder. Avant même de savoir s'il a mal, il cherche ma réaction. Pendant longtemps, je me précipitais. Aujourd'hui, je souris, j'attends, et de plus en plus, je me tais.

Avec un enfant TDAH, autiste ou à haut potentiel, le quotidien s'apaise souvent quand l'adulte parle moins. Moins de consignes, plus de silence, quelques rituels solides, et une présence un peu en retrait, comme un filet de sécurité. L'enfant a moins à résister, et vous avez moins à répéter.

Pourquoi répéter ne marche pas ?

Comptez un jour les consignes que vous donnez. Mets tes chaussures, pas comme ça, attention, assieds-toi, dépêche-toi, arrête. On en arrive vite à des dizaines par heure. Pour un enfant qui a déjà du mal à filtrer ce qui l'entoure, c'est un bruit de fond permanent. Il finit par ne plus rien entendre, même ce qui compte.

Il y a une différence entre obéir et être en lien. Quand on obéit, on a peur d'une conséquence. Quand on est en lien, on a envie de respecter les règles de l'autre. Moins de consignes, c'est souvent plus de lien.

Les enfants prennent aussi très tôt l'habitude de regarder l'adulte avant de réagir. Ils veulent savoir si ce qu'ils font nous convient. C'est normal, tout enfant a besoin d'approbation. Mais tout enfant a aussi besoin de se sentir en contrôle de sa vie. Si chaque geste reçoit un commentaire, il n'a plus d'espace pour essayer, se tromper et recommencer seul. Une consigne en moins, c'est une petite décision qu'il prend lui-même.

Combien de consignes donner à un enfant ?

Je conseille aux parents de viser quelques-unes par heure, pas des dizaines. Ça paraît impossible au début. Voici comment faire le tri.

Pourquoi laisser du silence ?

On a envie d'argumenter, de convaincre, de prévenir. Souvent, l'enfant a plutôt besoin d'un temps pour accueillir ce qui se passe, et d'une présence qui le soutient.

Le silence, c'est aussi le laisser se concentrer. Un enfant TDAH à qui l'on reproche de ne jamais se concentrer peut rester très longtemps absorbé dans une activité qu'il a choisie. Ces moments sont précieux.

Lorsqu'il est dans une activité, quelle qu'elle soit, laissez-le, mordez-vous la langue s'il le faut, mais ne l'interrompez pas.

Qu'est-ce qu'un parent filet de sécurité ?

Il y a le parent coach, qu'on appelle aussi parent hélicoptère. Il supervise, conseille, argumente, corrige. Et il y a le parent filet de sécurité. Il laisse l'enfant explorer, il garde un œil, il est présent au cas où. Les jeunes enfants n'ont pas toujours besoin qu'on joue avec eux ou qu'on se mette à leur niveau. Ils ont besoin de sentir qu'un adulte rassurant est là.

Être filet de sécurité, c'est aussi faire avec lui plutôt que pour lui. La journaliste Michaeleen Doucleff l'a observé dans des familles du monde entier. Les enfants participent aux tâches du quotidien, à leur mesure. Cuisiner pour de vrai, porter les courses, réparer quelque chose. Ils se sentent utiles, et ils ont moins besoin qu'on leur dise quoi faire.

Quels rituels mettre en place ?

Un rituel, c'est une activité, une blague, un moment qui revient chaque jour au même moment, et de la même manière. Le chocolat chaud du mercredi, la marche du dimanche, le mot de passe secret avant l'école. Ces rituels ancrent votre lien comme les fondations d'une maison. Pour un enfant autiste, ils rendent aussi la journée plus prévisible.

Pensez aussi aux rites de passage. La première descente à vélo, la première nuit à la belle étoile, la première fois qu'il prend le bus seul. Les marquer ensemble lui dit qu'il grandit, et que vous le voyez grandir.

Et racontez-lui vos histoires. Vos aventures d'enfant, vos bêtises, vos difficultés à l'école. Ça l'aide à imaginer ses propres solutions, mieux qu'une leçon.

Et la règle, dans tout ça ?

Moins de consignes ne veut pas dire pas de cadre. Les règles importantes restent, et elles se tiennent avec un « non » ferme et bienveillant. Un non un peu dur maintenant, qui prépare un avenir plus apaisé. Avec peu de règles, vous avez plus d'énergie pour tenir celles qui comptent.

Quand demander de l'aide ?

Si malgré tout le quotidien reste une lutte permanente, si votre enfant semble en grande souffrance ou si vous êtes épuisés, parlez-en à votre pédiatre. Il peut regarder avec vous ce qui relève d'un suivi médical. Un accompagnement éducatif complète ce suivi, il ne le remplace pas. Et vous n'avez pas à tout porter seuls.

c'est l'un des thèmes qu'on travaille dans le parcours. comment on vous accompagne sur le quotidien en famille

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cet article donne des pistes générales. il ne remplace pas l'avis du médecin ou du thérapeute qui suit votre enfant.

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Laura ou Nicolas vous écoute, puis on vous dit franchement si le parcours peut vous aider.

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