TSA, TDAH, HP · 5 min de lecture

Mon enfant n'a pas de copains : amitié, exclusion et jeu libre

par Nicolas Delarose, fondateur de l'approche ViAtypikd'après son livre : « Dans la peau d'un enfant atypique »

en cours de relecture par Laura et Nicolas

J'ai animé près de cinquante anniversaires d'enfants. Ils se ruent sur les cadeaux, les ouvrent à peine, puis filent dehors. Ce qu'ils aiment vraiment, c'est courir avec leurs amis. Et à chaque fête, je repère aussi l'enfant qui reste au bord, qui ne sait pas comment entrer dans le jeu.

Un enfant TDAH, autiste ou à haut potentiel a souvent du mal à se faire des copains parce que les règles implicites lui échappent, ou parce que son intensité dérange. Il n'a pas besoin de dix amis. Un vrai copain, avec qui parler de tout, compte énormément. Et c'est dans le jeu libre entre enfants, avec des adultes qui n'interviennent pas à chaque instant, que ces liens se construisent.

Pourquoi mon enfant a-t-il du mal à se faire des amis ?

Beaucoup d'enfants que j'accompagne ne comprennent pas l'implicite. Un « on verra » veut dire non, un regard veut dire stop, une blague n'est pas sérieuse. Pour eux, ce n'est pas évident du tout. Ils prennent les mots au pied de la lettre, et les autres enfants ne comprennent pas pourquoi.

D'autres parlent beaucoup, pensent à voix haute, coupent la parole parce qu'ils ont peur de perdre leur idée. D'autres encore ont une passion si forte qu'ils ne parlent que d'elle. Rien de tout ça n'est méchant. Mais dans une cour de récréation, ça peut suffire à rester à l'écart.

Il y a aussi le regard des adultes. J'ai remarqué une chose dans les classes. Quand les adultes acceptent la différence d'un enfant, ses camarades l'acceptent aussi, et ils apprennent énormément à son contact. Quand l'adulte le juge, certains enfants suivent ce jugement, et les moqueries commencent.

Mon enfant est-il malheureux d'être seul ?

Pas forcément. Certains enfants sont très bien seuls, plongés dans leurs projets, et on les pousse parfois vers une vie sociale dont ils n'ont pas tant besoin. Avant de vous inquiéter, regardez-le. Est-il serein, ou triste ? Est-ce qu'il en parle ?

Mais la plupart des enfants rêvent d'avoir au moins un vrai copain. J'en suis convaincu depuis que j'ai accompagné un garçon qui passait ses journées seul face à des adultes. Ce qui lui manquait le plus, c'était un ami plus ou moins de son âge, aussi curieux que lui, avec qui inventer, créer, parler de tout.

Quand j'ai écrit ses besoins à la première personne, celui-ci est venu tout seul :

Je dois côtoyer des copains au quotidien, avec qui parler de tout et de n'importe quoi, de choses stupides ou créatives, qui me sont vitales.

Comment l'aider à se faire des copains ?

Faut-il intervenir dans leurs disputes ?

Je remarque que beaucoup d'adultes résolvent les conflits des enfants à leur place. Ça part d'une bonne intention. Mais ça les prive de découvrir par eux-mêmes leurs propres aptitudes sociales. Si vous restez en surveillance plutôt qu'en police, vous serez souvent surpris de voir comment ils s'en sortent seuls.

Restez près, présent au cas où, comme un filet de sécurité. Intervenez quand quelqu'un est en danger, ou quand c'est toujours le même enfant qui est blessé ou mis de côté.

Que dire à son enseignant ?

Ce qui se passe à la récréation dépend beaucoup du climat de la classe. Demandez un moment avec l'enseignant. Expliquez comment votre enfant fonctionne, ce qu'il comprend mal, ce qui le blesse, ce qu'il aime. Les enseignants que j'ai vus réussir avec ces enfants ne faisaient rien d'extraordinaire. Ils acceptaient sa façon d'être devant les autres, et ses camarades suivaient. Un adulte qui montre qu'une différence est acceptée fait souvent plus pour les amitiés qu'un long discours sur la tolérance.

Que faire quand il est exclu ou moqué ?

Là, ce n'est plus une petite dispute. Un enfant qui est exclu ou moqué régulièrement a besoin d'un adulte qui l'écoute vraiment. Sans conseil immédiat, sans juger les autres enfants. Juste un endroit où il peut tout déposer en confiance. Ensuite, parlez-en à l'enseignant. Les moqueries répétées et le harcèlement se traitent avec l'école, pas seuls à la maison.

Et entre frères et sœurs ?

Un jour, un garçon qui tapait souvent son frère a fini par me confier, en larmes, tout ce qu'il vivait comme des injustices à la maison. Derrière ses coups, il y avait ce sentiment-là. Ça ne rend pas les coups acceptables. Mais ça change la façon d'y répondre.

Quand les disputes entre frères et sœurs se répètent, cherchez l'injustice ressentie derrière. Écoutez chacun séparément, à froid. Et essayez de passer un moment seul avec chaque enfant, même court, régulièrement.

Quand demander de l'aide ?

Si votre enfant ne veut plus aller à l'école, dit que personne ne l'aime, dort ou mange moins bien, ou paraît triste depuis plusieurs semaines, parlez-en à l'enseignant et à votre pédiatre. L'isolement prolongé mérite qu'on s'y arrête, sans dramatiser. Un accompagnement peut vous aider à préparer avec lui des situations concrètes. Il complète ce suivi, il ne le remplace pas.

c'est l'un des thèmes qu'on travaille dans le parcours. comment on vous accompagne sur les relations avec les autres

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cet article donne des pistes générales. il ne remplace pas l'avis du médecin ou du thérapeute qui suit votre enfant.

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et chez vous, qu'est-ce qui coince ?

Laura ou Nicolas vous écoute, puis on vous dit franchement si le parcours peut vous aider.

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