19 h. « On éteint. » Et c'est l'explosion : cris, négociation, parfois la tablette qui vole. Vous avez l'impression que votre enfant est accro. Souvent, c'est autre chose : il a du mal avec la transition.
Ce qui se joue au moment d'éteindre
Un écran capte toute l'attention, sans effort. Pour un enfant TDAH, c'est l'une des rares activités où il est complètement concentré. Pour un enfant autiste, c'est souvent un monde prévisible et rassurant. S'arrêter d'un coup, c'est passer d'un état très confortable à quelque chose de flou, sans préparation. Le cerveau proteste, fort.
La colère n'est donc pas forcément de la provocation. C'est la réaction à une coupure trop brutale.
Préparer la fin, avant qu'elle arrive
- Annoncer la fin dès le début. « Tu as jusqu'à la fin de cette partie. » Il sait à quoi s'attendre.
- Prévenir deux fois. Dix minutes avant, puis deux minutes avant. En venant à côté de lui, en posant la main sur son épaule, pas en criant depuis la cuisine : quand il joue, il ne vous entend vraiment pas.
- Finir sur un moment du jeu, pas une heure. Une heure coupe souvent au pire moment. La fin d'une partie ou d'un épisode est plus facile à accepter.
Entrer dans son jeu pour l'aider à en sortir
Avant d'annoncer la fin, asseyez-vous deux minutes à côté de lui. Demandez-lui de vous montrer ce qu'il construit, où il en est, ce qu'il cherche à faire. Intéressez-vous vraiment. Nicolas Delarose raconte le même principe avec des tout-petits : pour qu'une fillette accepte de quitter ses pizzas en pâte à modeler, il a d'abord « goûté » sa pizza, puis annoncé qu'il était repu et prêt à partir. On perd une minute, mais l'enfant a été rejoint dans son monde, et il accepte bien plus volontiers de revenir dans le nôtre.
Ce qui vient après compte autant
Si après l'écran vient la douche et le coucher, l'enfant résiste encore plus. Essayez de placer juste après un moment agréable : un goûter, une histoire, un jeu avec vous. Il quitte quelque chose, mais il va vers quelque chose.
Des règles décidées à froid
Les règles se discutent mieux un dimanche après-midi calme qu'au moment de la crise. Combien de temps, quand, où : décidez-le ensemble, écrivez-le, affichez-le. Au moment d'éteindre, ce n'est plus vous contre lui, c'est la règle que vous avez faite à deux.
Et si la crise arrive quand même
Restez calme, ne négociez pas pendant la crise, et revenez-y plus tard, quand tout le monde est redescendu. Une crise ne veut pas dire que l'approche a échoué. Comptez les semaines, pas les soirs.

