TDAH, TSA, HP, DYS · 5 min de lecture

Quand on a craqué : sortir de la culpabilité sans se mentir

par Nicolas Delarose, fondateur de l'approche ViAtypikd'après son livre : « Prendre l'enfant comme guide »

en cours de relecture par Laura et Nicolas

Vous avez crié. Plus fort que vous l'auriez voulu. Une porte a claqué, il pleure dans sa chambre, et vous êtes dans la cuisine avec une boule dans le ventre. Des centaines de parents m'ont décrit ce moment. Aucun n'était un mauvais parent.

Quand on a craqué devant son enfant, la culpabilité ne répare rien. Elle augmente souvent l'émotion. Ce qui aide, c'est l'autocompassion, en trois étapes. Reconnaître ce qui s'est passé, ressentir sa propre vulnérabilité, puis nommer le besoin qui n'était pas satisfait. Ensuite seulement, on revient vers l'enfant.

Pourquoi est-ce que je craque alors que j'aime mon enfant ?

Tous les parents aiment leur enfant. Et pourtant, il y a des moments où on n'est plus là. On part dans la peur, la rage, l'épuisement. On se voit crier, menacer, punir, et on ne se reconnaît pas.

Souvent, on réagit comme on a vu réagir autour de nous quand on était petit. Il existe des milliers d'autres réactions possibles, mais elles ne nous viennent pas en tête, parce qu'on ne les a jamais vues. Ce n'est la faute de personne. Comprendre ça permet d'arrêter de chercher un coupable, y compris soi-même.

Il y a aussi la fatigue. Avec un enfant TDAH, autiste ou à haut potentiel, la journée demande beaucoup. Et il y a cette idée qu'il faudrait être parfait. Marshall Rosenberg, le fondateur de la communication non violente, disait que c'est un véritable enfer d'avoir des enfants et de croire qu'il existe des parents parfaits. Cette tension vers la perfection nous rend plus tendus, et donc plus explosifs.

Comment sortir de la culpabilité ?

Sachez que la compassion commence d'abord avec soi-même. Arrêtez de culpabiliser d'avoir raté, de vous être mis en colère, ou d'avoir puni.

Dans la communication non violente, la colère, la honte et la culpabilité sont vues comme des signaux d'alarme. Elles nous disent qu'on s'est éloigné de nos besoins. Plutôt que de vous en vouloir, ce qui fait souvent monter l'émotion encore plus, vous pouvez traverser trois étapes.

Que faire au moment où je sens que ça monte ?

Il y a souvent un instant, juste avant d'exploser, où on le sent venir. C'est là que vous avez encore un peu de marge.

Si vous le pouvez, demandez un relais à ce moment-là. Un autre adulte prend la suite, et vous sortez quelques minutes. Si vous êtes seul, éloignez-vous un instant dans une autre pièce, en sécurité, et respirez. Dites-le à votre enfant avec des mots simples. « Je suis très en colère, je vais me calmer et je reviens. »

Ne rejetez pas la faute sur lui ni sur quelqu'un d'autre. Je sais que c'est le plus dur. Lancer son émotion à la figure de quelqu'un ne règle rien. Mais la retenir à tout prix finit souvent par nous consumer de l'intérieur. Entre les deux, il y a cette voie étroite. Reconnaître devant lui que vous êtes touché, et vous en occuper, sans le rendre responsable.

Comment réparer avec mon enfant ?

Revenez vers lui dès que vous êtes redescendu. Cherchez son regard. Le contact visuel lui dit que la colère était passagère, et que le lien, lui, est toujours là.

Puis dites simplement ce qui s'est passé. « J'ai crié très fort tout à l'heure. J'étais épuisé, et ce n'était pas à toi de recevoir ça. » Pas besoin d'un long discours ni de vous flageller devant lui. Un enfant n'a pas à porter la culpabilité de ses parents. Il a besoin de voir qu'un adulte peut se tromper, le reconnaître, et revenir.

S'il vous rejette ou vous évite, restez à côté de lui avec patience. Une blague, un jeu, une proposition de faire quelque chose ensemble font souvent tourner la situation plus vite que des explications.

Et rappelez-vous que votre enfant a ses propres ressources. Un moment difficile, quand il est suivi d'une vraie réparation, ne le brise pas. Les enfants savent transformer beaucoup de leurs expériences en force, pour peu qu'ils se sentent aimés ensuite. Ce qui compte, ce n'est pas de ne jamais craquer. C'est de revenir.

Comment éviter que ça recommence aussi souvent ?

Ça recommencera. Vous êtes humain. Mais vous pouvez espacer ces moments.

Repérez vos propres déclencheurs. Quand une phrase sort toute seule, arrêtez-vous plus tard et soyez curieux. D'où vient-elle ? Qui la disait ? Quelle émotion l'accompagne ? Écrire les réponses aide beaucoup à voir clair.

Demandez des relais. Il faut un village pour élever un enfant. Un parent qui peut souffler auprès d'un autre adulte disponible a beaucoup plus d'espace pour se reposer, et pour revenir vers son enfant avec patience. Demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse.

Et célébrez vos imperfections. Faites-en de l'humour, de la complicité, parfois même un petit théâtre avec votre enfant. Le parent parfait n'existe pas. Le parent qui répare, si.

Quand demander de l'aide ?

Si vous craquez presque tous les jours, si vous vous sentez épuisé ou triste depuis des semaines, ou si vous avez peur de perdre le contrôle et de faire mal à votre enfant, demandez de l'aide sans attendre. Votre médecin, ou le pédiatre de votre enfant, peut vous écouter et vous orienter. Ce n'est pas un échec. C'est prendre soin de vous, et donc de lui.

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cet article donne des pistes générales. il ne remplace pas l'avis du médecin ou du thérapeute qui suit votre enfant.

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Laura ou Nicolas vous écoute, puis on vous dit franchement si le parcours peut vous aider.

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